Madagascar : les aires protégées au service de la lutte contre la pauvreté

Madagascar : les aires protégées au service de la lutte contre la pauvreté

Avec ses 7.099.000 hectare d’aires protégées (AP)et son ambition d’en faire un levier de développement, Madagascar a tout pour mettre ses aires protégées au service de la lutte contre la pauvreté.

Ces aires protégées fournissent au pays les services écosystémiques de valeurs incommensurables aux communautés de base pour ne citer que l’eau propre ou encore les filières durables desquelles ils vivent comme l’apiculture, la vannerie, etc…

Évidemment, on parle de l’écotourisme grâce à l’existence des AP, et leurs retombées économiques ne sont pas de reste dans un sens où elles revêtent d’une importance dans la lutte contre la pauvreté à Madagascar.

En 2019, les quarantaines de parcs et réserves gérés par le MNP ont engendré près de 2.000.000 USD grâce aux droits d’entrées aux aires protégées. Les riverains à la même période ont cumulé près de 2.800.000 USD comme retombées économiques.

D’aucuns n’ignorent que la quasi-totalité des touristes viennent pour apprécier les paysages uniques et la biodiversité endémique et unique, tant que faunistique et floristique de la grande île. Un véritable « hotspot » dont la renommée lui vaut d’être l’un des pays à très grand intérêt de conservation internationale. L’agence onusienne pour l’environnement qu’est le WWF a déjà souligné d’ailleurs la nécessité d’investir dans la pérennisation et la sécurisation des aires protégées et faire du capital naturel une pierre angulaire du développement de Madagascar.

« Le ministère de l’environnement et du développement durable (MEDD) a d’ailleurs initié la mise en place de concessions écotouristiques au niveau des AP, afin d’y créer d’importantes infrastructures touristiques adaptées aux demandes de l’écotourisme haut de gamme » apprend-on de Rinah Razafindrabe, le directeur des aires protégées, de ressources naturelles renouvelables et des écosystèmes.

Selon ce haut responsable, Madagascar compte actuellement 123 aires protégées dont 43 sont gérées par le Madagascar National Parks (MNP). Plus de 30 autres AP sont en cours d’attente d’une décision gouvernementale pour s’ajouter à la liste des parcs et réserves protégés.

L’utilisation durable des aires protégées se trouve donc parmi les solutions préconisées par le MEDD. En tenant compte l’aspect économique, social et environnemental et une approche basée non seulement sur la conversation, mais également sur une utilisation durable des AP, le ministère de tutelle a donc initié depuis l’année 2020 la promotion d’une meilleure gestion dans la réforme sur la gouvernance des AP  terrestres et marines à Madagascar.

« Les investisseurs sont invités à s’installer aux environnants de nos aires protégées pour optimiser la création d’emplois dans l’économie verte, dans l’économie bleue et dans l’économie circulaire » a soutenu Rinah Razafindrabe.

L’économie bleue de Madagascar cumule chaque année un manque à gagner de 500 millions de dollars américains et la pêche illicite dans les aires protégées en constitue une cause. Pourtant, avec une politique tangible sur la gestion des ressources halieutiques et marines, cette économie bleue peut profiter à la grande île avec ses plus de 5.000 km de côtes marines et ses plus de 1.140.000 km carrés de surfaces marines.  Plus de 300.000 tonnes de ressources halieutiques sont exploitables.

Holitiana Randria

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