Afrique: Des opportunités sur le marché des véhicules électriques!

Afrique: Des opportunités sur le marché des véhicules électriques!

L’Afrique pourrait-elle devenir un acteur clé dans la fabrication de véhicules électriques, en stimulant l’industrie locale et en créant des emplois verts ?

Du Cap au Caire, des start-ups spécialisées dans les technologies vertes mènent la charge de l’Afrique vers la mobilité électrique, une intervention essentielle dans la lutte contre le changement climatique, stimulée par une vague mondiale d’utilisation de véhicules électriques (VE). Cependant, le passage du continent à la mobilité électrique est à la traîne par rapport à l’Europe, aux États-Unis et à la Chine, les pionniers mondiaux de la mobilité électrique.

L’Afrique du Sud n’a vendu que 92 véhicules électriques à batterie (BEV) en 2020, contre 154 en 2019, soit 0,02 % des ventes nationales de véhicules. Les ventes de véhicules hybrides ont diminué, passant de 253 unités en 2019 à 232 unités en 2020.

Néanmoins, plusieurs pays élaborent des cadres politiques complets pour catalyser la transition et l’adoption de la mobilité électrique.

L’élan devrait s’intensifier, surtout après que l’Union européenne (UE) a proposé, à la mi-juillet, d’éliminer progressivement les ventes de voitures diesel et à essence dans le cadre d’un changement majeur du marché d’ici 2035. Cette décision aura un impact positif sur les pays africains comme l’Afrique du Sud, qui exporte près de 64 % de ses véhicules fabriqués vers les marchés mondiaux.

Jane Akumu, chargée de programme au Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), explique que si l’Afrique est à la traîne des autres régions du monde en matière d’e-mobilité, le continent s’éveille aux opportunités du marché des VE, en particulier des véhicules électriques à deux et trois roues, qui offrent un potentiel d’emplois verts, de fabrication et d’assemblage locaux, d’énergies renouvelables plus propres et de débouchés commerciaux pour la recharge et l’échange de batteries.

« Nous constatons aujourd’hui un intérêt de la part de nombreux gouvernements africains et du secteur privé pour l’e-mobilité. Il y a un intérêt accru dans un plus grand nombre de pays pour encourager l’adoption des VE, comme le Kenya, l’Éthiopie, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et bien d’autres pays où les gouvernements s’intéressent à l’adoption des VE », dit-elle.

Le PNUE, par le biais de son programme mondial E-Mobility, a aidé les pays africains à élaborer les bonnes politiques pour passer de la mobilité à base de combustibles fossiles à la mobilité électrique. Quelques 19 pays ont alloué une partie des fonds du Fonds pour l’environnement mondial à la mobilité électrique, mais le PNUE aimerait voir davantage de pays et de villes se prononcer plus clairement, notamment sur les dates auxquelles ils élimineront progressivement les véhicules à moteur à combustion interne.

Les premiers leaders du marché

L’Afrique du Sud, l’île Maurice, les Seychelles, le Rwanda et les pays d’Afrique du Nord sont les premiers leaders du marché des VE, selon le PNUE.

« Nous constatons que les gouvernements revoient leur structure fiscale, adoptent des politiques et des normes en matière de VE afin de favoriser l’adoption de ce type de véhicules, et le secteur privé est également désireux d’avoir une part de ce marché. Nous avons près de 50 entreprises en démarrage au Kenya dans l’espace des deux et trois roues électriques et, en mai 2021, il y avait environ 18 entreprises d’e-mobilité, et d’autres s’établissent plus rapidement que jamais « , dit-elle.

Mme Akumu indique qu’en Afrique de l’Ouest, 15 États de la Cedeao ont adopté une feuille de route harmonisée au niveau régional en matière d’économie de carburant, qui comprend des objectifs pour les VE. Les nouvelles mesures fiscales introduites dans le cadre de l’initiative sur les économies de carburant à Maurice en 2019, telles que la réduction des droits d’accise de 5 à 15 % selon le type de voiture électrique, ont entraîné une augmentation significative des véhicules hybrides et électriques, qui atteindront respectivement 14 060 unités et 206 en janvier 2020, contre seulement 43 véhicules hybrides et deux voitures électriques dix ans plus tôt.

Le PNUE souligne que les deux plus grands domaines présentant un potentiel d’e-mobilité sont le marché des véhicules à deux et trois roues et les autobus électriques. En Afrique de l’Ouest et de l’Est, les importations de véhicules à deux et trois roues dépassent celles des voitures, ce qui souligne l’importance de ce secteur.

Avec l’explosion de la demande de minéraux pour les batteries et les véhicules électriques, l’Afrique, avec ses riches gisements de lithium, de cuivre, de cobalt et d’autres minéraux, est bien placée pour construire des VE et pourrait être un acteur clé de leur fabrication.

RT

Crédit photo : SRP

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